• Karine

Les mangroves

Nous sommes un écosystème formé d’arbres et arbustes de palétuviers principalement, qui poussent entre la mer et la terre.


Le nom commun (de mon arbre) : palétuvier

Le nom scientifique : Rhizophora mangle (pour le palétuvier rouge)

Il appartient à la famille des Rhizophoraceae


Où nous trouver ?

Nous poussons dans des zones côtières tropicales.

Au Panama, nous couvrons une superficie

totale de 177 293 ha ; nous sommes davantage présents sur les côtes du Pacifique (164 124 ha) que sur celles des Caraïbes (13 169 ha). Nous représentons 2,4 % des zones boisées du pays.


Que sommes-nous ?

Nous sommes un type de forêt dont les arbres sont capables de survivre aussi bien en eau douce qu’en eau salée, avec un sol boueux et pauvre en oxygène. Ce sont des plantes appelées halophytes pour leur capacité à subsister en eau salée.

Nous formons des zones humides parmi les plus communes au monde, situées dans des zones planes qui marquent la limite entre la terre ferme et la mer.

Nous nous adaptons à divers facteurs comme le climat, la salinité et le sol. En effet, on nous trouve aussi bien dans des zones très humides et pluvieuses comme à Colon, sur la côte Caraïbes, que dans des zones plus sèches telle l’arc sec, sur la côte Pacifique.


Les arbres qui nous composent sont des palétuviers. Les plus communs sont le palétuvier rouge, le noir, le blanc et le gris, ce dernier ressemblant à un arbuste.

Le palétuvier est un arbre ou un arbuste qui pousse dans des zones inondées de façon permanente ou temporaire. Il est originaire d’Asie du sud-est.

Dans les tropiques, il en existe 70 espèces, 13 sont présentes au niveau du continent américain et nous sommes 11 au Panama.

Chaque variété de palétuviers a sa propre façon de gérer le sel : le palétuvier rouge filtre le sel à travers ses racines, le noir ou le blanc absorbent le sel et le rejettent à travers leurs feuilles (on peut voir le sel cristallisé sur les feuilles s’il ne pleut pas).



Quel est notre rôle ?

Plusieurs et pour la planète et pour les humains :

  • nurserie et refuge d’espèces côtières : nous abritons une extraordinaire biodiversité de plantes et d’animaux aussi bien terrestres que maritimes, parmi lesquels des molusques, des crustacés, des poissons, des reptiles, des crocodiles, des requins et de nombreux oiseaux migrateurs. Nous sommes de véritables lieux de vie : les racines des palétuviers offrent un lieu sûr, servent de garde-manger, proposent beaucoup de cachettes où les poissons et les petits animaux peuvent vivre, grandir et laisser leurs œufs hors de danger d’autres prédateurs ;

  • protection des sols côtiers : les racines des palétuviers stabilisent le sable et la boue qui forme les terrains où d’autres plantes peuvent pousser. Nous protégeons l’homme et toute infrastructure construite par celui-ci de la houle et des marées produites par les tempêtes, les ouragans et tsunamis. Nous sommes des barrières protectrices naturelles des côtes. Pour cela, nous pouvons sauver beaucoup de vies. Nous limitons considérablement l’érosion ;

  • ressources forestières : le bois des arbres et arbustes est la mâtière première pour les constructions et pour le charbon. Le palétuvier rouge est l’espèce la plus exploitée sur la côte Pacifique du Panama ;

  • purification de l’air : les palétuviers absorbent beaucoup plus rapidement le dioxyde de carbone que les autres arbres et produisent de l’oxygène.


Sommes-nous en danger ?

Nous sommes des écosystèmes nécessaires et uniques, malheureusement, à cause de notre situation privilégiée en bord de mer et des arbres qui nous composent, nous disparaissons chaque année de plus en plus. En 50 ans, la moitié d’entre nous a disparu, au niveau mondial.

Les raisons de notre disparition :

  • on nous convertit en zones d’élevage de crevettes : c’est le cas dans les provinces de Panama, Coclé, Herrera et Los Santos ;

  • on construit des routes, canaux, digues, voies ferrées, aéroports…, ce qui altère les patrons hydrologiques : cela change la salinité et le niveau des eaux, tout comme la quantité de sédiments déposés sur nos sols, ce qui signifie notre disparition progressive ;

  • on cultive de plus en plus, pour cela on déboise, ce qui implique une désertification des sols ; de plus l’eau douce devient salée par intrusion d’algues marines ;

  • on exploite les richesses forestières : la coupe des palétuviers fournit du bois pour des clôtures, des poteaux, des poutres, du bois pour la cheminée, du charbon. Leur écorce est également utilisée pour produire du tannin (colorant du cuir) ;

  • le développement urbain et industriel aggrave notre dégradation à cause de la pollution avec les eaux usées, les rejets d’hydrocarbures, les déchets industriels et domestiques ;

  • le développement des ports : à Colon, nous disparaissons à cause du développement de la zone portuaire.


Et côté tourisme ?

Vous pouvez nous parcourir en kayak, en lancha (bateau), avec un guide touristique, pour observer l’écosystème, les oiseaux migrateurs, pêcher… Il est préférable de ne pas partir seul.


Côté Caraïbes, vous nous trouverez :

  • dans la province de Bocas del Toro : dans l’archipel de Bocas del Toro et à San San-Pond Sak, sur le continent, qui est réputé pour l’observation des lamantins ;

  • dans la province de Colon : le tunnel de l’amour est célèbre pour ses tours.

Côté Pacifique, nous sommes :

  • dans la province de Chiriqui : le Golfe de Chiriqui est très grand et offre beaucoup de zones à explorer ;

  • dans la province du Veraguas : le Golfe de Montijo, qui contribue beaucoup à la pêche locale, est aussi un lieu de prédilection pour la naissance des requins ;

  • dans la province d’Azuero : île Cañas, Chitré, Parita… sont des lieux de prédilection pour l’observation des oiseaux migrateurs ;

  • dans la province de Panama Oeste : vers Punta Chame et El Espavé ;

  • dans la baie de Panama : à Panama City, nous sommes visibles particulièrement à côté de Panama la Vieille ;

  • dans la province du Darien.


Sources : STRI / école de la mer de Guadeloupe



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