• Karine

Indigenas

Panama est le 3e pays d’Amérique Centrale avec la plus grande population indigène. On y compte 7 ethnies différentes, survivantes de la colonisation espagnole, sur les douze existantes initialement :

les Ngäbe, les Buglé, les Guna, les Emberas, les Wounaan, les Naso et les Bri Bri.

Ils représentent au dernier recensement de 2010 environ 12% de la population du Panama.

Chaque peuple a ses traditions, sa langue, son histoire, ses combats pour sa survie. Aujourd’hui, 6 d’entre eux ont un territoire appelé Comarca* et une seule gère son territoire de façon autonome.

Chaque peuple fera l’objet d’un post plus détaillé.


Quelques points communs

  • Leur lutte constante pour :

=> reconnaitre leurs droits légalement et officiellement malgré la signature du Panama à la déclaration des Droits des Peuples Autochtones en 2007,

=> reconnaitre leurs terres d’antan pour les peuples qui n’ont pas de territoire propre,

=> conserver leur identité, ce qui inclut leurs traditions, leurs langues, leur culture, leur histoire, etc et la faire enseigner à l’école publique dans les villages indigènes,

=> améliorer leurs conditions de vie, comme l’accès à l’éducation ou aux soins.

  • La création d’une radio indigène émettant au niveau national, en 7 langues, fin 2020.

  • Dans les Comarcas, la gouvernance se fait grâce à deux systèmes cohabitant :

=> les congrès qui sont menés par les autorités traditionnelles du peuple indigène (il y a différents types de congrès) ;

=> les autorités du pays comme les gouverneurs de provinces (ici comarcas), les maires, les députés, etc.


Les peuples Ngöbe et Buglé

Les Ngöbe Buglé sont deux peuples ayant des points communs et souvent assimilés en un seul. Ce sont les plus nombreux de toutes les populations indigènes du pays.

Les différences principales entre les Ngöbe et les Buglé se situent dans la langue, les croyances et tout ce qui touche à la spiritualité. Les similitudes concernent le vêtement traditionnel de la femme (une longue robe au col carré, de couleur vive comme le rose, le fuchsia, le vert, le bleu que l’on remarque facilement), les célébrations de fêtes et rituels comme la fin de la récolte, le passage à l’âge adulte, ainsi que le chef du village appelé le cacique.

Les Ngäbe ou Ngöbe sont les plus nombreux en population et sont ceux qui font le plus d’enfants. On les trouve dans les montagnes de Bocas del Toro, de Chiriqui et de Veraguas.

Ils possèdent un territoire propre (une comarca) semi-autonome depuis 1997 et pourtant le gouvernement ne les consulte pas dans tous les projets touchant leurs terres. De nombreuses révoltes ont lieu pour éviter des projets d’exploitation minière ou de centrale hydroélectrique.

Pour survivre, ils travaillent la terre ou dans des exploitations agricoles des zones fertiles avoisinantes comme la culture du café, du cacao ou de la banane.

Cette population est extrêmement pauvre et a un fort taux de natalité comme de mortalité infantile.

L’accès aux soins est difficile car au fur et à mesure des siècles, entre les conquêtes de leurs terres et les différents projets pour développer le pays, ils ont été forcés à vivre dans des zones reculées et difficiles d’accès. L’accès à l’éducation est également difficile ce qui ne facilite pas l’ouverture vers l’extérieur, de crainte de nouveaux actes violents contre eux.

Les hommes peuvent être polygames.


Les Buglé sont nettement moins nombreux et vivent principalement dans les provinces de Bocas del Toro et de Veraguas.


Le peuple Guna

Les Guna ou Dule sont les deuxièmes en terme de population. Ils ont leur propre comarca découpée en 3 parties. La plus connue est Guna Yala où se trouve l’archipel des San Blas, ces iles paradisiaques où vont des milliers de touristes chaque année.

Les Gunas sont répartis sur tout le territoire panaméen : de la frontière avec la Colombie, dans la jungle profonde du Darien, avec très peu de contact avec la civilisation, jusqu’à la frontière avec le Costa Rica. Ils sont très débrouillards et vivent soit du tourisme dans leur comarca, soit de l’agriculture pour les zones moins visitées, ou bien dans le reste du pays et surtout dans la capitale en vendant leur artisanat, notamment la mola, ou en travaillant dans la restauration ou bien dans les plantations.

Ce sont les premiers à obtenir un territoire propre et luttent sans cesse pour améliorer leurs droits au sein de la nation. Ils ont aidé à la reconnaissance et aux divers progrès obtenus pour les autres peuples indigènes du pays. Ils ont leur propre « gouvernement » au sein de leur comarca, gérée de façon autonome.


Les peuples Embera et Wounaan

Les Embera et les Wounaan sont regroupés en Chocoe. Ce sont les troisièmes en terme de population. On les trouve entre le fleuve Chagrès et la frontière avec la Colombie. Le peuple Chocoe est originaire d’Amérique du Sud et a remonté le continent petit à petit, au fil des siècles.

Ces peuples vivent par tradition en bord de rivière, dans des maisons sur pilotis pour se protéger. Leurs habitudes consistent en chasser, pêcher et cultiver, en respectant la Mère Nature. Ils sont nomades. Aujourd’hui, pour différentes raisons, ils se sont sédentarisés et ne peuvent plus vivre comme avant. Beaucoup de communautés ou villages se sont reconvertis dans le tourisme pour palier à leurs besoins et pouvoir vivre.

Les Embera-Wounaan ont une comarca dans la province du Darien, divisée en deux.

Ils luttent pour pouvoir enseigner à l’école publique la langue Embera et leur histoire, de manière formelle. Le chef du village s’appelle le noko.

Les tenues traditionnelles sont pour l’homme un simple protège-sexe (le guayuco) et pour la femme un paréo (la paruma) pour le bas. Lors de la visite de touristes, elles se cachent la poitrine avec une shakira.


Le peuple Naso

Les Naso ou Teribe habitent dans la région de Bocas del Toro, en bord des fleuves Teribe et San San, près du Costa Rica. Ils sont très peu nombreux et vivent de l’agriculture.

Leur chef est un roi héréditaire. Ils viennent d’acquérir, au bout de nombreuses années de batailles, leur comarca fin 2020.


Le peuple Bri Bri

Les Bri Bri sont les moins nombreux au Panama et vivent pour la majorité de leur peuple au Costa Rica. Ceux au Panama se situent sur les bords des rivières Yorkin et Sixaola, dans la réserve de Talamanca, en bordure du Costa Rica, et vivent de l’agriculture.

Ils sont autosuffisants en alimentation mais du fait de leur isolement, il y a une forte déficience en éducation et en santé. Ils ne possèdent pas de territoire propre au Panama.

Aujourd’hui, il n’y a pas de structure administrative ou politique comme dans les autres peuples indigènes, cependant le responsable communautaire a beaucoup d’influence. On respecte aussi énormément les anciens.



* deux définitions pour une comarca :

a) officiellement, il s’agit d’un territoire géographiquement éloigné du centre du pouvoir politique, qui offre la concession flexible de l’usufruit de la terre aux indigènes résidents sur elle, sans affecter les droits souverains de l’Etat.

b) « … le non arbitrage de la terre, d’un côté, pour la relation ancestrale Terre-Mère et Mère Nature… et d’un autre côté, comme garant de non annexion par des tiers. Elle lutte pour la reconnaissance de sa structure politique administrative traditionnelle, son autonomie, son identité et ses valeurs historiques culturelles, comme partie du système national ».


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Sources : http://www.iwgia.org/ / http://www.territorioindigenaygobernanza.com/ / http://www.etniasdelmundo.com/



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