• Karine

Gran Colombia

1819

La couronne espagnole est chassée de certaines terres d’Amérique du Sud, notamment de la Colombie, du Venezuela et de l’Equateur (les pays actuels), par Simon Bolivar en 1819. Ces 3 pays se réunissent et forment alors la Grande Colombie (à l’époque, la Colombie s’appelle la Nouvelle-Grenade).


1821

Au Panama, l’Espagne est toujours présente mais de plus en plus de Panaméens réclament l’indépendance. La décadence de la capitale du Panama entraine des migrations de la ville vers les provinces afin de pouvoir survivre, élite et leaders inclus, ces migrants seront à l’origine de certains soulèvements.

Fragilisée par différentes guerres (l’Amérique du Sud se rebelle, Napoléon envahit le territoire espagnol), la couronne espagnole cède devant le mouvement indépendantiste panaméen :

d’abord, le 10 novembre 1821, le « cri de la Villa de Los Santos* » (grito de la Villa de los Santos), soutenu par les bourgades d’Ocu, Parita, Nata et Penonomé entre autres ;

ensuite, le 28 novembre de cette même année, les leaders panaméens réunissant civils, militaires et religieux déclarent rompus les liens qui les liaient à l’Espagne. Devant différentes craintes de perdre leur jeune indépendance, les Panaméens choisissent alors de se joindre à la Grande Colombie de Simon Bolivar.


1829 à 1841

L’instabilité règne au sein de la Grande Colombie, le Venezuela et l’Equateur s’en séparent en 1829 et 1830. On parle désormais de la République de Nouvelle-Grenade, avec Bogota comme capitale, à laquelle le Panama reste attaché.

Des tentatives de séparation de la Nouvelle-Grenade ont lieu en 1830 et 1831, mais ce n’est que le 18 novembre 1840 que le général Tomas Herrera proclame l’indépendance de l’isthme. Cette indépendance ne dure que 13 mois, la Nouvelle-Grenade souhaitant réincorporer la jeune république proclamée. Panama revient sous l’égide colombienne le 31 décembre 1841. Les Etats-Unis ayant un grand pouvoir dans la région, Panama est contraint de négocier avec eux : la Nouvelle-Grenade prend le contrôle et devient souveraine sur le territoire panaméen, en échange de la traversée de marchandises et passagers par l’isthme.


1848 à 1869

La ruée vers l’or en Californie redonne vie au Panama : les chercheurs d’or préfèrent passer par le Panama que traverser les Etats-Unis : plus rapide et plus sûr à l’époque. Resurgit alors l’idée de construire une voie, quelle qu’elle soit, pour pouvoir passer plus facilement d’une côte à l’autre.

Une entreprise américaine construit le chemin de fer entre 1850 et 1855, ce qui redore le blason à la ville de Panama (voir le futur post dédié au train). Cette époque dorée du Panama est appelée « la Californie » et ne va durer que jusqu’en 1869 quand les USA terminent leur chemin de fer.


1856

De plus en plus d’étrangers et Américains transitent par Panama, mais les différences culturelles sont telles, que de nombreuses tensions font jour. En 1856, un Américain demande un morceau de pastèque à un Panaméen, à la gare de train, que le premier refuse de payer : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Il en résulte des affrontements entre Américains et la police venue sur place pour rétablir l’ordre, cette dernière étant soutenue par les Panaméens. Les Américains se réfugient dans la gare de train, les affrontements laissent 16 morts côté Américains et 1 côté Panaméen. Les USA reprochent à la République de Nouvelle-Grenade de ne pas être compétent dans la gestion de l’isthme et de ne pas être capable de protéger ses concitoyens. Les Américains envoient leur armée, c’est la première intrusion militaire américaine en territoire panaméen.


1855 à 1886

En 1855, le Docteur Justo Arosemena obtient du Congrès colombien la conversion de l’isthme en Etat fédéral, lui restituant ainsi plus d’autonomie. Le Président du Sénat, signataire de la loi créant cet Etat fédéral, déclare alors : « … je ne suis pas dupe que c’est le premier pas qui donne l’indépendance à cette partie de la République. Tôt ou tard, l’isthme de Panama sera perdu pour la Nouvelle-Grenade. »

Les Citoyens panaméens jouissent ainsi de nouvelles libertés comme le vote sans discrimination, la liberté de commerce, d’opinion, de la presse, d’enseignement, de mariage civil et de divorce, d’égalité entre les enfants naturels reconnus et les légitimes.

Les autres nations lui emboitent le pas : la Nouvelle-Grenade est alors composée de 10 Etats souverains, avec 10 constitutions, 10 codes civils, 10 codes pénaux et 10 armées.

Les nouveaux Etats ne sont apparemment pas préparés à ces nouvelles situations : l’instabilité règne au sein de la Nouvelle-Grenade, Panama étant le pire élève : en 30 ans, 16 chefs de gouvernement (entre Gouverneur et Président) auraient dû être au pouvoir ; il y en a eu 39 !

Cet Etat se termine en 1886 quand une nouvelle constitution colombienne est créée et met fin au régime fédéral, ainsi qu’aux libertés précédemment évoquées.


1879 à 1889

Grâce à un accord avec la Colombie, Ferdinand de Lesseps commence les travaux pour la construction du canal de Panama en 1879 (voir le futur post consacré à la partie française du canal). C’est un échec avec une banqueroute à la clé pour la Compagnie Universelle du Canal.

Afin de ne pas tout perdre, le français Philippe Bunau-Varilla est envoyé aux Etats-Unis par le Panama pour vendre les biens et les droits du canal aux USA, désireux de construire un canal mais hésitant sur la localisation. De plus, le sénat colombien rejette la construction du canal par les USA.


Les Panaméens sont las des différents événements et de la situation du pays :

plus de rentrées d’argent avec le train (en banqueroute),

suppression des libertés suite à la nouvelle constitution,

aucune main mise sur les impôts ou autres revenus de l’isthme, envoyés à bogota,

l’échec du canal français dans lequel ils avaient beaucoup d’espoir,

la pauvreté et la situation financière critique du pays.


Les révoltes et guerres civiles au sein de la Nouvelle-Grenade la fragilise et Bogota, la capitale, se désintéresse de Panama pour s’occuper de problèmes plus graves, comme la Guerre des Mille jours.

Les Panaméens souhaitent de plus en plus leur indépendance, malgré les diverses tentatives et leurs échecs, et s’organisent clandestinement pour l’obtenir, avec l’appui des USA. Un commandant colombien, Esteban Huertas, se joint à ce mouvement et planifie la séparation pour novembre 1903. Le 3 novembre 1903, un bataillon colombien arrive sur la côte Atlantique et doit traverser l’isthme en train. Il est prétexté des problèmes techniques pour ne pas les transporter jusqu’à la capitale, sur la côte Pacifique. Les responsables militaires partent sans leurs hommes en direction de la capitale et sont arrêtés par le général Huertas à leur arrivée à Panama.


Bogota essaie de récupérer Panama de différentes manières mais en vain. La République du Panama est fondée le 03 novembre 1903, elle se sépare de la République de la Nouvelle-Grenade qui la reconnait uniquement en 1924 !


* la Villa de los Santos est un village situé dans la province de Herrera, à côté de Chitré.



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